Une femme souriante sur un canapé.

Comment favoriser l’équité financière pour les femmes du monde entier

N26 a rencontré Alina Grotz de Women for Women International pour comprendre comment harmoniser la situation financière des femmes du monde entier et pourquoi cette démarche est importante.

Temps de lecture: 8 min

Selon un rapport des Nations unies, l’inclusion financière des femmes est une condition sine qua non de l’éradication de la pauvreté à l’horizon 2030. Pour comprendre comment nous pouvons mieux aider les femmes à atteindre ce niveau indispensable d’équité financière, Alina Grotz, de Women for Women International, dresse un bilan éloquent du travail de cette organisation humanitaire.

Un milliard de femmes sont actuellement victimes d’exclusion bancaire

À l’échelle internationale, seules 47 % des femmes font partie de la population active, contre 72 % des hommes. Conséquence directe de ce manque d’accès au travail, les femmes représentent 56 % des personnes sans compte bancaire dans le monde. Ainsi, près d’un milliard de femmes dans le monde sont victimes d’exclusion bancaire, et cette disparité financière entre hommes et femmes se reflète de manière inégale à l’échelle mondiale. Par exemple, moins de 30 % des prêts accordés par des banques d’affaires dans des pays comme le Pakistan et le Soudan du Sud sont souscrits par des femmes. Par comparaison, les femmes représentent près de 50 % des emprunteurs dans des pays européens tels que le Danemark et la Pologne.

Dans le cadre de son travail, Alina a pu constater ce déséquilibre de ses propres yeux : « Au sein des communautés dans lesquelles nous travaillons, le manque d’accès des femmes à l’éducation, aux offres d’emploi et aux prêts a creusé un fossé salarial et patrimonial important : les femmes gagnent moins et sont par conséquent moins à même de s’enrichir. D’après certaines études, à ce rythme, la parité totale en matière d’égalité salariale ne sera atteinte que dans 132 ans. »

L’importance de la représentation

Le manque de représentation des femmes dans le secteur de la finance est lourd de conséquences. « La représentation est essentielle, précise Alina, et ce, dans tous les domaines de la vie. Si les femmes et les autres personnes marginalisées sont pour ainsi dire absentes des débats financiers, elles seront moins enclines à embrasser une carrière dans ce secteur. Là encore, c’est un cercle vicieux. Dans bien des régions occidentales, l’idée voulant que les femmes soient moins douées pour les chiffres, les finances et les mathématiques appartient au passé. Pourtant, dans les pays où nous opérons, les femmes n’ont souvent pas leur place à la table des négociations. Cette situation perpétue un système de dépendance et reflète un aspect structurel, profondément enraciné, des déséquilibres du pouvoir patriarcal. »

Pourtant, dès que les femmes bénéficient d’une représentation plus équitable, des changements positifs surviennent. Pour chaque femme occupant un poste de cadre dans le secteur financier, trois femmes en moyenne accèdent à des fonctions de dirigeantes. Ce phénomène porte le nom d’effet multiplicateur et des recherches montrent qu’une représentation de 30 % au sein d’un groupe constitue le seuil minimal au-delà duquel un groupe minoritaire peut exercer une influence sur l’ensemble du groupe. 

Alina souligne en outre que « voir les femmes du monde de la finance réussir et être représentées dans les sessions, dans les plateformes et lors des entretiens peut inciter d’autres femmes à emprunter un parcours professionnel similaire, et, en fin de compte, à combattre la sous-représentation persistante des femmes au sein des comités de direction. Par conséquent, donner plus de poids à la parole des femmes par le biais de plateformes et de réseaux est un moyen de faire naître un sentiment d’unité, d’amitié inclusive et d’entraide entre femmes. »

L’effet domino de la prise de parole des femmes

Un meilleur accès des femmes aux services financiers permet non seulement de réduire l’écart entre les hommes et les femmes et d’encourager la croissance économique, mais il contribue également à enrichir les débats sur les politiques monétaires et budgétaires dans leur ensemble. La réduction de l’écart entre les hommes et les femmes au sein de la population active permet de réduire les inégalités de revenus tout en augmentant le PIB de nombreux pays en développement. De surcroît, comme le souligne Alina, donner la parole aux femmes des pays en développement permet de faire évoluer les sociétés de manière spectaculaire, bien au-delà de la sphère des finances :

« La parole des femmes résonne avec force et elle a vocation à porter les besoins de communautés entières plutôt que ceux d’une seule personne. Après 30 ans au service des femmes très pauvres et marginalisées dans les zones de conflit, nous savons que les femmes ont le pouvoir de faire bouger les choses : lorsqu’elles bénéficient du soutien, des infrastructures, des compétences et des connaissances nécessaires, elles peuvent non seulement changer leur propre vie, mais aussi faire évoluer des communautés marquées par des décennies de conflit. »

Promouvoir l’égalité financière pour les femmes à l’échelle mondiale

Favoriser l’amélioration de la situation financière des femmes du monde entier est un projet des plus complexes. Cet effort collectif se situe au croisement de divers secteurs et implique des décideurs politiques, des chefs d’entreprise, des artistes, des organismes locaux et des organisations caritatives telles que Women for Women International. Si les efforts à fournir restent considérables, nous listons ci-dessous certains axes à explorer pour améliorer ensemble la situation financière des femmes à travers le monde.

Faciliter l’accès aux services financiers

À la différence des banques traditionnelles ayant pignon sur rue, les banques en ligne ont tenté de rééquilibrer la donne en facilitant l’accès aux services bancaires, en particulier dans les pays affichant un faible taux de pénétration du marché bancaire. Particulièrement populaires sur le continent africain, notamment en Tanzanie, en Ouganda, au Kenya, et au Ghana entre 2014 et 2018, les opérations bancaires mobiles sont passées de 8 % du PIB à pas moins de 74 % en l’espace d’à peine quatre ans

Outre les services bancaires en ligne, les organismes de microcrédit continuent de faciliter l’accès aux services financiers, en particulier pour les femmes. Par exemple, alors que les femmes ne représentent que 10 % des personnes empruntant auprès de banques commerciales au Bangladesh, elles constituent 91 % de celles qui empruntent auprès des organismes de microcrédit du pays. Cette tendance est observée dans de nombreux pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. 

Accueillir les femmes à la table des négociations

Si l’accès des femmes aux outils et services financiers est important, la création d’espaces sûrs où elles peuvent apprendre, partager leurs connaissances et renforcer leurs compétences financières l’est tout autant. « Nous savons que, notamment en ce qui concerne l’émancipation financière, les femmes ont cruellement besoin de partager leurs projets d’entreprise, d’avoir accès à l’emprunt et de comprendre comment l’épargne permet d’accroître leur autonomie, déclare Alina. Nous observons que, lorsque les femmes font entendre leur voix et que nous les aidons à se regrouper, elles présentent des projets d’entreprise créatifs et novateurs. »

« Dans le cadre de notre système d’épargne villageoise (Village Savings and Loans Associations ; VSLA), les femmes marginalisées épargnent ensemble, fondent des entreprises communes, construisent des coopératives pour accroître leur influence sur le marché et s’accordent mutuellement des crédits de lancement à des taux d’intérêt minimes. » »

« Ces groupes d’épargne villageoise offrent aux femmes un solide levier pour reconquérir leur pouvoir et leur indépendance : leurs idées retentissent dans un espace sûr et elles disposent des moyens nécessaires pour les concrétiser. Dans tous les pays où nous sommes actifs, nous constatons que la prise de parole des femmes conduit à des changements structurels susceptibles de faire évoluer des communautés entières. »

Promouvoir la collaboration hommes-femmes

Accueillir les femmes à la table des négociations n’aura toutefois que peu d’effets si les hommes qui y sont assis ne les écoutent pas. Alina estime que « les hommes jouent un rôle clé lorsqu’il s’agit de faire entendre la voix des femmes. Nos années de présence dans de nombreux pays nous ont montré que les hommes peuvent être des alliés de taille dans la défense des droits des femmes, en particulier dans les sociétés patriarcales. Les hommes agissent ainsi souvent en qualité de “gardiens” d’une culture où les femmes sont cantonnées à un rôle mineur et où, parallèlement, ils façonnent et limitent leur identité masculine. Nous pensons que susciter l’engagement des hommes est une condition essentielle pour porter la voix des femmes et protéger leurs droits. » 

Élever toutes les femmes

Adopter une approche résolument plus globale pour promouvoir l’amélioration de la situation des femmes à l’échelle mondiale revêt une importance capitale pour le travail d’Alina au sein de l’organisation Women for Women International. « Nous espérons que les débats financiers deviendront plus inclusifs. Selon certaines études, plus de 90 % des femmes du Soudan du Sud sont analphabètes et elles rencontrent de toute évidence des obstacles à leur autonomie financière différents de ceux que rencontrent, par exemple, les femmes en Allemagne. Nous devons reconnaître ces différences et adopter une approche adaptée aux besoins des femmes du monde entier, en tenant compte de leur situation spécifique. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons tenir notre promesse de ne laisser personne de côté. »

« En tant qu’organisation de défense des droits des femmes, nous plaidons en faveur d’une représentation plus inclusive, postcoloniale et diversifiée des besoins et des réalités des femmes lors des débats financiers. Le secteur financier reste élitiste et dominé par des hommes blancs. Si nous entendons à juste titre parler d’égalité de représentation, nous devons reconnaître et comprendre les concepts de discrimination intersectionnelle et de structures de pouvoir patriarcales. »


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